jeudi 31 octobre 2013

Histoire du train à travers l'imagerie

Les premiers chemins de fer

Les premiers chemins de fer.
Les premiers chemins de fer. 
Jean-Louis BEUZON.
Diligence et chemin de fer ou les différentes manières de voyager.
Diligence et chemin de fer ou "les différentes manières de voyager".
ANONYME.
Voiture à vapeur et chemin de fer.
Voiture à vapeur et chemin de fer.
ANONYME.
 
 
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Les premiers chemins de fer.
© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet
AGRANDISSEMENT - ZOOM
Titre : Les premiers chemins de fer.

Auteur : Jean-Louis BEUZON
Lieu de Conservation : Musées et domaine nationaux de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 96-008951 / Estampes

  Contexte historique

Au début du XIXe siècle, la France est encore un pays essentiellement rural où les dépêches sont acheminées à cheval et où les voyages s’effectuent sur des routes cahoteuses, dans l’inconfort des diligences et des malles-poste. La lenteur du rythme des échanges entrave l’essor économique. L’usage de la machine à vapeur provoque cependant une croissance sans précédent de la production industrielle et une véritable révolution dans les transports. Ainsi, bien avant l’apparition de l’automobile, le chemin de fer met fin au règne de la diligence. Néanmoins, des réticences psychologiques et l’opposition d’une multitude d’intérêts ralentissent le développement ferroviaire : la croyance que la vitesse peut rendre les voyageurs aveugles ou fous s’ajoute à l’hostilité des voituriers, des aubergistes, des fermiers qui craignent pour leur bétail, au manque de capitaux et à la méfiance des épargnants qui préfèrent rester fidèles aux solides rentes d’État plutôt que de financer une telle entreprise.

En France comme en Angleterre, les premières lignes de chemin de fer apparaissent dans les régions minières. Le 1er janvier 1828 est inaugurée la ligne Saint-Étienne-Andrézieux, créée pour transporter le charbon vers les voies d’eau les plus proches, Loire et Rhône. C’est une ligne à caractère industriel, sur laquelle circulent quelques wagons sommairement aménagés pour le transport des personnes. Ouverte le 24 août 1837, la ligne Paris-Saint-Germain-en-Laye est la première à être principalement destinée au transport des voyageurs ; elle marque le début des grands réseaux français qui partiront de Paris.

C’est à partir de 1850 que les chemins de fer sont construits à un rythme accéléré pour constituer un maillage ferroviaire raccordé à celui des pays voisins. L’État fixe le tracé des voies et prend à son compte les dépenses d’infrastructure : terrassement, ouvrages d’art…, mais il concède l’exploitation des lignes à de grandes compagnies privées – Compagnie de l’Ouest, Compagnie du Nord, P.L.M., Compagnie de l’Est… Le réseau ferré devient alors un facteur essentiel de l’aménagement du territoire.

  Analyse des images

L’extraordinaire nouveauté de ces premiers chemins de fer nourrit naturellement l’inspiration des peintres, lithographes, illustrateurs et caricaturistes, qui se plaisent souvent à établir de surprenants parallèles entre ces bruyants monstres métalliques et les moyens de transport hippomobiles traditionnels.

Affichiste, illustrateur occasionnel de l’almanach des Postes et Télégraphes, Jean-Louis Beuzon a associé, sur cette gravure en couleurs extraite du premier livre d’Histoire de France de Gauthier-Deschamps-Aymard, un train à vapeur et une diligence de la poste aux chevaux. Au premier plan, une diligence de la Compagnie des Messageries royales est lancée au grand galop sur une route creusée de profondes ornières. Elle assure la liaison Paris-Rouen. De seize à vingt voyageurs sont installés dans quatre habitacles séparés : le coupé avant, l’intérieur, la rotonde arrière et la galerie bâchée ou impériale. Le postillon qui conduit l’attelage est clairement identifiable à son uniforme bien connu : courte veste de drap bleu de roi à parements, retroussis et gilet de drap rouge, chapeau de cuir verni en tronc de cône. À l’arrière-plan, le train circule sur une voie surélevée et vient de franchir un pont de pierre qui enjambe la route. Laissant un long panache de fumée grise dans son sillage, la locomotive à vapeur tire trois wagons de voyageurs.

Ces mêmes moyens de transport sont également associés sur la lithographie anonyme qui illustre « les différentes manières de voyager ». Une chaîne de montagnes massives domine un petit village campé au bord d’un lac. Au premier plan, une diligence des Messageries, menée par un postillon à cheval, circule sur un chemin de terre. Dans le lointain, on distingue un train dont une locomotive à vapeur tire les wagons. Entre la diligence et la voie ferrée, dans un champ, deux paysans regardent passer le train.

Réalisée vers la fin des années 1830, la troisième lithographie oppose deux moyens de transport révolutionnaires pour l’époque : le chemin de fer et la voiture à vapeur. Au premier plan, la voiture découverte – plus exactement un tricycle à vapeur – semble lancée dans un concours de vitesse avec le train. Elle est conduite par un dandy en redingote et haut-de-forme, penché sur la barre de direction – la « queue de vache » – qu’il tient fermement. Assise derrière lui, son élégante passagère porte la main à son chapeau de peur qu’il ne s’envole. Dans sa course effrénée, le véhicule perd un passager qui était assis sur le strapontin extérieur.

  Interprétation

Avant la révolution des communications du milieu du XIXe siècle, la lenteur, l’inconfort et la cherté étaient les inconvénients majeurs de la traction hippomobile. En 1830, la malle-poste était le moyen de transport le plus rapide, qui permettait depuis Paris d’atteindre Lyon en 47 heures, Bordeaux en 45 heures, Toulouse en 72 heures ; une lettre mettait dix jours pour aller de Paris à Marseille. Rendues familières par l’estampe et l’imagerie populaire, les majestueuses diligences des grandes compagnies de messageries étaient beaucoup plus lentes encore.

L’apparition du chemin de fer, et donc de la vitesse, sonne le glas de la poste aux chevaux : la dernière malle-poste, qui reliait Toulouse à Montpellier, cesse son service le 23 août 1857 ; la dernière ligne de diligences, entre Rouen et Amiens, disparaît en 1872. Néanmoins, véhicules hippomobiles et transport ferroviaire coexistent longtemps encore, dans les faits aussi bien que dans l’imagerie, comme on peut en juger par ces trois gravures. Le train surprend et fait peur. Témoin de la construction de la ligne Montpellier-Sète (1837-1839), Jean-Marie-Isidore Boiffils de Massane évoque « l’étonnement mêlé de terreur » qu’enfant il éprouva à la vue de la première locomotive, « ce monstre brutal, doué de mouvement et d’incomparable force, animé de deux grands yeux de flamme, soufflant de la fumée ». Le chemin de fer suscite de vives inquiétudes pour la santé des passagers. Le savant François Arago affirme que « le transport des soldats en wagon les efféminerait » ; il met en garde la population contre le tunnel de Saint-Cloud, qui donnerait « des fluxions de poitrine, des pleurésies et des catarrhes ». Le réseau ferré se développe néanmoins rapidement : il atteint 9 178 kilomètres le 31 décembre 1859, ce qui représente une moyenne de 622 kilomètres de voies construites par an. Le chemin de fer s’inscrit désormais dans le paysage français qu’il modifie profondément : le franchissement des cours d’eau et des obstacles qu’oppose le relief nécessitent la conception d’ouvrages d’art, comme le viaduc de Garabit construit en 1888 par Gustave Eiffel. Il faudra attendre le milieu du XXe siècle pour que l’automobile concurrence sérieusement le train.
Auteur : Alain GALOIN

Bibliographie

  • Clive LAMMING, Les Grands Trains de 1830 à nos jours, Paris, Larousse, 1989.
  • Clive LAMMING et Jacques MARSEILLE, Le Temps des chemins de fer en France, Paris, Nathan, 1986.
  • François et Maguy PALAU, Le Rail en France, tome I, « Le Second Empire, 1852-1857 », Paris, Édition Palau, 1998.
  • Jean PECHEUX, La Naissance du rail européen, Paris, Berger-Levrault, 1970.
  • Pierre WEIL, Les Chemins de fer, Paris, Larousse, 1964.

mercredi 30 octobre 2013

C'était au siècle dernier, mais quand même il doit encore y en avoir aujourd'hui

La totale > 1998 > n°16 - fév n°16 - fév De Villiers invente le tracteur à TGV Le Conseil général de Vendée s’apprête à investir près de 20 millions de francs dans le TGV le plus lent de la planète. De Villiers invente le tracteur à TGV La SNCF n’y avait pas pensé. De Villiers l’a fait : le TGV tracté par une locomotive diesel. Ce projet totalement débile, qui va rallonger les temps de liaison pour rejoindre La Roche-sur-Yon ou les Sables d’Olonne, est très sérieusement étudié depuis la fin de l’année 97 par les ingénieurs de la SNCF, à la demande expresse du Conseil général de Vendée. Il faut préciser à la décharge de la société nationale que le financement de ce concept révolutionnaire est entièrement assuré par les collectivités locales. Le prétexte de ce bricolage contre-nature - rappelons que le TGV fonctionne à l’électricité - est le désenclavement touristique de la Vendée. L’électrification de la ligne Nantes-Bordeaux étant reportée aux calendes grecques, la Vendée ne pouvait espérer un TGV avant dix ou vingt ans. C’est de Villiers himself qui a trouvé la solution. Faire tirer le TGV par une bonne vieille locomotive diesel. Le problème c’est qu’un tel attelage est une aberration technique. Non seulement il ira moins vite qu’un bon vieux train régional, mais le raccordement d’une loco à la rame demande des aménagements insensés. Il va falloir prévoir toutes sortes de tuyaux pour faire fonctionner les équipements du TGV comme la climatisation ou l’ouverture des portes. Un investissement estimé à dix-huit millions de francs par la SNCF, sans compter le réhaussement des quais et les installations électriques pour raccorder les rames dans les gares. Qu’importe, le vicomte semble prêt à tout pour éviter «une rupture de charge» à Nantes. En d’autre termes pour donner l’illusion que le TGV relie directement Montparnasse à la capitale de la Vendée. Ce TGV tracté mettra cinq à six minutes de plus qu’une liaison classique, correspondance comprise. Moins rapide, et plus cher. Il faut souffrir pour faire semblant d’être grand.

Nostalgie... - Nostalgia ...

http://www.youtube.com/v/3m_PD49G1uY?version=3&autohide=1&feature=share&autoplay=1&autohide=1&showinfo=1&attribution_tag=uCFSIQnZ-F1EUlDintojnw

Services Trans-Europ-Express

http://www.youtube.com/v/gj8uam3Qxfs?version=3&autohide=1&feature=share&showinfo=1&attribution_tag=r1Agf_8bSxV_QlsjSCANVA&autohide=1&autoplay=1

Usine de traitement des traverses pour chemin de fer


Usine de traitement des traverses pour chemin de fer, dite S.A. pour le traitement et l'injection des boisMarthon (Charente), la Couronne


Atelier de fabrication, ensemble. © Inventaire général / Phot. Inv. M. Deneyer

Date de l'enquête : 1990
Historique :

Cette usine est créée en 1935 surtout pour le traitement des traverses en bois pour le chemin de fer. Un deuxième bâtiment est construit en 1948 pour abriter la conciergerie et l'atelier de réparation. La production est de 18000 traverses par an. Les activités prennent fin en 1983. Le dernier propriétaire est Mondiet, propriétaire de forêts dans les Landes.
Dans les années 1970, 53 personnes y travaillent .

Description :

Le site industriel est desservi par un embranchement ferroviaire. L'atelier de fabrication est en béton, à charpente métallique apparente et toit à longs pans avec lanterneau couvert de tôle ondulée. La conciergerie est avec toit à longs pans et croupes couvert de tuile mécanique.

Un peu d'histoire

Le voyageur qui prend le train entre Saint-Etienne et Lyon roule sur une voie remarquable à plus d’un titre : ligne aujourd’hui la plus fréquentée de la SNCF (hors banlieue parisienne), elle détient aussi le record de durée d’une grève des cheminots – plus de trois mois, il y a quelques semaines. C’est surtout la première ligne de voyageurs de l’histoire du chemin de fer français, ouverte en 1832.

Le transport de la houille est, au début, l’unique justification du rail : pour les hommes, la diligence va plus vite. Les premières années, faute de locomotives en nombre suffisant, les rames sont tractées, sur certains tronçons, par des chevaux, voire des boeufs, ou lancées en roue libre dans le sens de la descente. On s’entasse sur des banquettes en bois, pour quatre à cinq heures de trajet entre les deux villes.

Fondée par les Seguin, quatre frères ingénieurs et hommes d’affaires, une compagnie privée exploite la ligne de 58 km après l’avoir construite et avoir creusé quatorze tunnels. Ne réussissant à en importer d’Angleterre que deux, elle fabrique ses locomotives et, en 1845, la fin de la traction animale ramène le trajet à 2 heures 30. Lors d’essais, le 100 km/h est même atteint !

Ailleurs, les initiatives similaires se multiplient, un réseau national se crée : en 1860, Lyonnais et Stéphanois ont le choix entre deux itinéraires pour se rendre à Paris ! En un demi- siècle de travaux frénétiques, la France se dote de 50 000 km de voies ferrées, si bien qu’à la veille de la Première Guerre mondiale, il ne reste que quelques liaisons montagneuses à terminer.

Mais la concurrence automobile entraîne la fermeture de dessertes locales et, de 1920 à 1980, la France perd près de la moitié de ses rails. Entre Lyon et Saint-Etienne, il faut les renouveler régulièrement, tant le trafic augmente, surtout à partir de l’électrification de la ligne, en 1957. Actuellement, plusieurs TGV l’empruntent, mettant Saint-Etienne à 2 heures 50 de la capitale. Les TER vont jusqu’à Lyon en 45 minutes, à raison de deux à six circulations par heure, dans chaque sens. Insuffisant, selon les associations d’usagers, qui pointent les rames bondées, parfois rallongées au point de dépasser du quai. Les frères Seguin avaient vu trop petit…

Julien Alliot
Télécâble Sat Hebdo